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Construire le chatbot de son quartier

InformatiqueÉducation aux médiasÉducation civiqueFrançaisIA générativeEsprit critiqueEnquête de terrain
ProjetDuréeDifficultéÂge
Youth AI Lab5 demi-journées, format modulableIntermédiaire12-18 ans

Matériel

Commun à toute la session

  • Matériel du jeu de bingo : grilles, feutres effaçables, cartes bonus, mur d'images, feuille de comptage des points, sac de tirage avec 30 jetons numérotés ou un jeu de bingo du commerce
  • Un appareil d'IA vocale central pour la conférence de presse
  • Un dictionnaire des sources : ONU, OMS, GIEC, FAO, OIT, UNESCO, UNICEF, Eurostat
  • Un tableau kanban de progression affiché au mur

Par groupe

  • 1 ordinateur portable avec accès à son propre projet d'IA
  • 1 projet d'IA préconfiguré par groupe
  • Gabarits de cartes persona, imprimables en A5
  • Papier A3 ou carton plume pour la campagne visuelle
  • 1 boîte d'archive (carton, cagette ou bac) pour le jeu de données
  • Smartphones ou capteurs simples pour les mesures de terrain
  • Appareil photo, carnets et stylos pour l'enquête de terrain
Télécharger la fiche d'exploration
Construire le chatbot de son quartier

Thèmes d'exploration

  • Les projets d'IA sur mesure : comment une IA générative se spécialise sur un sujet local, par ses instructions et par sa base de connaissances
  • Les jeux de données : comment une base de connaissances structurée façonne les réponses d'une IA
  • La vérification des sources et l'éducation aux médias : comment distinguer un fait d'une hallucination d'IA, en recoupant avec des sources institutionnelles fiables
  • Les personas et le ton : comment une IA s'adapte à des publics différents à partir de profils d'utilisateurs explicites
  • Les biais et les limites de l'IA : comment amener un chatbot à dire « je ne sais pas » plutôt qu'à inventer
Une session modulable, pas un bloc de cinq jours

La session a été pensée pour un format intensif de 5 demi-journées, mais elle n'est pas liée à cette durée. L'équipe d'animation peut découper, regrouper ou étaler les séquences selon son contexte : créneaux périscolaires, semaine complète, ou quelques journées séparées, tant que la progression par jalons reste lisible. Chaque étape est également conçue pour tenir debout toute seule : une séquence isolée peut être menée pour une intervention plus courte, sans déployer la session entière. Le tableau « mode autonome » plus bas donne l'objectif, le déroulé et la préparation de chaque étape prise séparément.


Déroulé de l'exploration

Cette session intensive est construite autour de la construction progressive d'un chatbot sur mesure, en groupes, ancré dans une cause locale reliée aux Objectifs de développement durable.

Au départ, chaque groupe reçoit un projet d'IA générique, qui répond comme n'importe quel modèle standard. Étape après étape, ce que les jeunes apprennent et produisent alimente les instructions et la base de connaissances du chatbot, jusqu'à ce que l'IA porte la cause, la voix et le territoire du groupe. Le travail pédagogique et la spécialisation du chatbot avancent ensemble : à la fin de la session, chaque groupe a construit à la fois une posture d'éducation aux médias et une IA qui reflète son quartier.

En amont et au fil de la session, l'équipe d'animation s'appuie sur le kit de configuration du chatbot décrit plus bas, qui couvre à la fois la mise en place initiale des projets d'IA neutres et un catalogue de blocs d'enrichissement à ajouter au fil des étapes.


Introduction : le bingo des Objectifs de développement durable

Les joueuses et joueurs découvrent les 17 Objectifs de développement durable à travers un bingo de 30 cartes. Chaque carte décrit une situation réelle reliée à un ou plusieurs objectifs, lue à voix haute par l'animateur·rice avant que les objectifs ne soient révélés. Le jeu oblige les jeunes à reconnaître et à nommer les objectifs à partir de situations concrètes, ce qui construit un vocabulaire commun.

Après la partie, chaque participant·e place 5 gommettes sur les images qui l'ont le plus marqué·e. La carte de chaleur obtenue sert à former les groupes par thème pour toute la suite de la session.

Règles du bingo. Chaque équipe joue avec 3 grilles de 9 cases, un objectif par case. Quand un objectif tiré apparaît sur une grille, l'équipe coche une case, au maximum une par tirage, même si l'objectif figure plusieurs fois. Une ligne complétée déclenche un « bingo » et une colonne complétée déclenche un tirage bonus. Une grille entièrement cochée est un carton plein. Les 24 grilles fournies sont pré-équilibrées pour que chaque objectif sorte un nombre de fois comparable dans la salle, au regard de la liste des 30 situations.

Le paquet bonus. Chaque fois qu'un binôme complète une colonne, il tire une carte de ce paquet. Il mêle des cartes utiles et des cartes de jetons neutres qui ne servent qu'au score final. Le paquet est tiré à l'aveugle et la défausse est remélangée quand il s'épuise, pour que le bonus reste vivant jusqu'au bout.

TypeInstruction au dosExemplaires
Cocher une caseCochez immédiatement une case libre sur la grille de votre choix.6
Cocher partoutCochez toutes les cases restantes de l'objectif de votre choix.2
Choisir l'objectifChoisissez un objectif que toutes les équipes peuvent cocher une fois.3
Décaler le tirageAu tirage suivant, vous pouvez ajouter ou retrancher 1 ou 2 au numéro tiré.5
Objectif en coinGagnez 1 point bonus. Cochez-le sur la grille de bonus de votre équipe.14

Le calcul du score final. À l'issue des 30 tirages, chaque binôme compte les figures complétées sur ses 3 grilles, auxquelles s'ajoutent ses jetons. Le barème récompense à la fois la progression partielle et les cartons pleins.

FigurePoints
Une ligne (3 cases horizontales)1 pt
Une colonne (3 cases verticales)1 pt
Une diagonale (2 par grille)2 pts
Les 4 coins2 pts
Carton plein (les 9 cases)5 pts
Triple carton plein (les 3 grilles complètes)10 pts
Point bonus coché sur la carte dédiée1 pt par bonus
Notes pour l'animateur·rice

Les 30 cartes murales fournies dans le PDF sont des propositions, à adapter au contexte local. Elles comprennent 27 situations et 3 cartes de rééquilibrage du jeu : un joker, un échange de grilles et un double tirage. La version française du projet ajoute, à côté du texte de la situation, une photo tirée de la presse locale, pour que les situations restent reconnaissables par les participant·es.


Étape 1 : J'ai entendu une rumeur

À partir des thèmes qui ont émergé de la carte de chaleur du bingo, chaque groupe adopte une cause reliée à un Objectif de développement durable et démarre une campagne de sensibilisation papier.

Pendant le travail, l'animateur·rice lance 3 rumeurs formulées en « j'ai entendu que... » : un chiffre, une citation, un rapport. Le groupe vérifie chaque rumeur deux fois :

  • un binôme interroge le chatbot encore vide
  • un autre binôme cherche dans les sources officielles

En comparant les deux résultats, les jeunes découvrent qu'une IA générique peut se tromper avec aplomb, et apprennent à trianguler avant de croire une affirmation.

La cause et les premiers réflexes de vérification formulés par le groupe sont écrits dans le chatbot, ce qui lui donne un sujet et un premier jeu de règles de conduite.

Notes pour l'animateur·rice

Pour qu'une rumeur soit pédagogiquement utile, elle doit être équilibrée avant d'être lue : y ajouter un élément presque vrai (chiffre approximatif, citation réelle ou plausible, source partielle), une formulation ambiguë qui laisse place à la nuance, ou un détail qui sonne familier sans être tout à fait exact. Une rumeur sans aucune part de vrai se démonte trop facilement et perd sa valeur.

Les 3 rumeurs d'une même série s'appuient sur 3 sources différentes, pour ne pas faire porter le soupçon toujours sur la même institution et pour ouvrir la vérification sur plusieurs sites. Le chiffre provient d'une institution internationale ou européenne reconnue (ONU, OMS, FAO, OIT, OCDE, UNESCO, UNICEF, AIE, IRENA, AEE, Commission européenne). La citation est attribuée à une personne nommée : scientifique, militant·e, personnalité publique. Le PDF de la fiche donne des exemples complets, et l'équipe d'animation dispose d'une base de rumeurs interne, accessible sur demande.

Chaque chatbot de groupe est hébergé dès le départ sur le compte de la structure, pour garantir la continuité d'accès entre les séances.


Étape 2 : La conférence de presse

Le chatbot est désormais spécialisé sur sa cause et porte les premiers réflexes de vérification. Chaque groupe prépare 10 questions sur son sujet : 5 générales et 5 locales. Elles sont ensuite posées dans un format collectif de conférence de presse.

Chaque question est envoyée simultanément à une IA vocale centrale et au chatbot écrit du groupe. Les incohérences entre les modèles sont relevées et contestées sur un mode journalistique. Les jeunes s'entraînent ainsi à exiger de la précision (sources, dates, lieux, acteurs nommés) au lieu d'accepter des réponses fluides mais vagues.

Ce que la conférence révèle des limites du chatbot est transformé en exigences de qualité, que le groupe écrit dans ses instructions. La barre est ainsi placée au-dessus des réponses génériques auxquelles il vient de se heurter.


Étape 3 : La boîte à données

À la suite de la conférence de presse, une chose devient visible : le chatbot manque de matière locale.

Chaque groupe part en enquête de terrain dans son quartier : photos, observations, mini-entretiens et mesures simples. Il complète ensuite par une recherche documentaire sur des sources fiables.

La matière collectée est triée dans une boîte d'archive physique, organisée en catégories de couleur : acteurs, chiffres, citations, photos, questions-réponses. Elle est ensuite versée dans le projet d'IA.

Les jeunes font l'expérience directe qu'un jeu de données n'est pas qu'une affaire de chiffres : c'est une connaissance locale structurée, qui comble les trous d'une IA générique. Le chatbot a désormais un sujet, des règles et une base de connaissances territoriale qui lui appartient.


Étape 4 : Le studio du chatbot

Le chatbot sait beaucoup de choses, mais il parle encore comme tout le monde. Chaque groupe travaille en sous-ateliers parallèles pour lui donner :

  • une personnalité écrite
  • 2 à 3 personas d'utilisateurs, à l'aide du gabarit de carte persona
  • une mascotte

Le chatbot a maintenant une voix, un visage et un public cible. De courts cycles de test et d'ajustement le confrontent à des questions préparées et à des questions surprises, ce qui entraîne les jeunes à déboguer le comportement d'une IA plutôt qu'à accepter sa première réponse.

Le résultat est un chatbot pleinement identifié, stable sur sa cause, prêt à être exposé à des personnes extérieures au laboratoire.

Qu'est-ce qu'un persona, et pourquoi en écrire un ?

Un persona est un personnage imaginé qui représente un type d'utilisateur d'un produit ou d'un service. C'est un outil issu du marketing et du design d'expérience, utilisé pour anticiper qui va se servir de ce que l'on construit, et comment.

Définir des personas oblige à poser une question simple et souvent évitée : qui sont réellement nos utilisateurs, et qu'attendent-ils ? On ne s'adresse pas de la même façon à une voisine du quartier, à une experte ou à un lycéen engagé. Sans persona, on conçoit pour soi-même, ou pour une moyenne floue qui ne correspond à personne. Avec un persona, chaque choix de conception devient un choix conscient : on adapte le ton, le format, la longueur et le niveau de jargon à un profil précis.

Un persona n'est pas un personnage de fiction au sens littéraire : il n'a pas vocation à émouvoir ou à surprendre, mais à incarner un cas d'usage type. Il est volontairement simplifié pour rester utilisable. Une bonne carte persona tient en quelques jauges chiffrées et un court paragraphe de biographie, pas en chapitres entiers.

Pour des jeunes de 12 à 15 ans, le format carte de personnage rend l'exercice tangible : moins d'abstraction, davantage l'impression de créer un personnage de jeu vidéo, avec des jauges chiffrées et une courte biographie qui fait vivre le profil.

Archétype ou stigmatisation : un point de vigilance

Les personas utilisent volontairement des archétypes (le voisin, la sceptique, l'enseignante). C'est leur intérêt : un profil reconnaissable auquel le chatbot doit savoir s'adresser. Mais un cliché peut basculer dans la stigmatisation quand un persona cumule plusieurs marqueurs (métier, opinion, canaux d'information) qui caricaturent un groupe social précis.

L'équipe d'animation doit donc :

  • présenter ces personas comme des silhouettes types, et non comme des représentant·es d'un groupe social
  • encourager les jeunes à imaginer aussi des profils à contre-stéréotype : un cadre sceptique, un retraité indifférent, une lycéenne pro-béton
  • le dire à voix haute : dans la vraie vie, un plombier n'est pas nécessairement complotiste, une retraitée n'est pas nécessairement militante, un journaliste n'est pas nécessairement vérificateur de faits

Conclusion : le test grandeur nature dans le quartier

Une fois que le chatbot a une identité stable, chaque groupe présente sa campagne visuelle et son chatbot à un vrai public : visiteuses et visiteurs invités au laboratoire, partenaires du quartier, micro-trottoirs, ou groupes qui se testent entre eux.

Le chatbot est mis à l'épreuve par des personnes qui ne connaissent pas ses règles, ce qui expose les angles morts restants. Un débriefing court et un dernier tour d'ajustements clôturent la session et produisent la version stabilisée du chatbot.

Celui-ci est rendu accessible par un lien public, affiché en QR code sur la campagne visuelle. Toutes les productions (chatbot, jeu de données, cartes persona, campagne) sont conservées de façon identifiable d'une session à l'autre, pour alimenter les étapes suivantes du parcours Youth AI Lab.


Mode autonome, étape par étape

Chaque étape peut être jouée seule, pour une intervention courte.

ÉtapeObjectif en autonomieDérouléPréparation
Bingo des objectifsDécouvrir les 17 objectifs de façon ludique.Jouer une partie de bingo classique, puis conclure par une discussion ouverte sur les situations qui ont le plus marqué.Mur du bingo, grilles, jetons, gommettes.
J'ai entendu une rumeurDécouvrir un enjeu de société de façon critique, et s'exercer à vérifier une source face à l'IA.Choisir une cause, explorer des hypothèses sur une affiche, vérifier 3 rumeurs en croisant les réponses de l'IA et les sources officielles.Proposer une ou deux causes, préparer les 3 rumeurs, vérifier l'accès à l'IA et aux sources.
La conférence de presseTravailler la qualité des questions et la comparaison des réponses entre plusieurs IA.Préparer des questions sur un sujet choisi, les poser en parallèle (voix et texte), observer les divergences, approximations et contradictions.Fournir un sujet, préparer un gabarit de prise de notes, un appareil vocal et l'accès aux chatbots écrits.
La boîte à donnéesDocumenter un enjeu local par une enquête de terrain, et confronter le jeu de données à une IA.Marche d'enquête dans le quartier, recherche documentaire complémentaire, boîte d'archive structurée, confrontation à une IA pour voir ce qu'elle sait, invente et ignore.Choisir un sujet et un périmètre, préparer 3 à 4 questions d'amorce, réunir le matériel de la boîte, accès à l'IA en fin de séance.
Le studio du chatbotIncarner un chatbot et stabiliser son comportement face à des questions variées.Donner une personnalité, des personas et une mascotte à une IA générative en mode projet, puis tester et ajuster par cycles courts.Préconfigurer un projet d'IA avec un sujet et un jeu de données de départ, accessible dès le début de la séance.

Productions attendues

À la fin de la session, chaque groupe a produit :

  • une problématique définie, ancrée dans un Objectif de développement durable, avec un angle local
  • un jeu de données complet sur sa cause : preuves, acteurs, chiffres, citations, cartes de questions-réponses
  • un chatbot fonctionnel, uniquement textuel, capable de porter un message de sensibilisation avec des limites explicites
  • une affiche de campagne de sensibilisation physique, incluant la mascotte du chatbot

L'accroche et le côté ludique

Les jeunes ne théorisent pas sur l'IA. Ils en construisent une. Ils affrontent un chatbot générique au départ et le regardent devenir le leur, brique par brique. Chaque étape est un palier où le chatbot gagne une capacité nouvelle, comme un personnage de jeu vidéo qui monte de niveau.

Ils confrontent les hallucinations d'une IA lors d'une conférence de presse journalistique, vérifient des rumeurs comme des détectives, et explorent leur quartier pour collecter de vraies preuves. La semaine se termine par une confrontation publique de leur création.


Indicateurs de réussite

  • Chaque groupe sait expliquer avec ses propres mots comment une IA se spécialise : instructions, jeu de données, personas
  • Chaque chatbot répond de façon cohérente sur sa cause et dit « je ne sais pas » quand il le faut, plutôt que d'inventer
  • Chaque groupe sait nommer les acteurs, chiffres et sources locales qui ont nourri son jeu de données
  • Le chatbot adapte son ton et sa longueur aux différents personas pendant les tests
  • Les visiteuses et visiteurs finaux décrivent le chatbot comme utile, local et digne de confiance

Préparer l'écosystème d'IA

Choisir l'outil

Trois familles d'outils permettent de configurer un chatbot sur mesure sans écrire de code, à partir d'instructions et d'une base de connaissances.

CritèreClaude Projects (Anthropic)Gemini Gems (Google)
CoûtCompte Claude Pro nécessaire, environ 18 €/mois.Gratuit pour Gemini standard, payant pour les Gems avancés (Google AI Pro).
Qualité de raisonnementTrès solide, en particulier pour l'analyse nuancée et le suivi des consignes.Correcte, parfois moins à l'aise sur les sujets complexes ou sensibles.
Base de connaissancesOui, plusieurs documents PDF, texte ou markdown. Bien intégrée au raisonnement.Oui, intégration possible avec Google Drive.
Interface de créationClaire, en français, peu de jargon technique.Claire, intégrée à l'environnement Google.
Partage du chatbotLien partageable, accessible sans compte pour la personne qui lit.Partage par lien Google.
Éthique et donnéesAttention marquée à la sûreté et à l'éthique. Pas d'entraînement par défaut sur les données des comptes Pro.Écosystème Google : collecte de données par défaut, désactivable dans les réglages.
Recommandation Youth AI LabPremier choix, pour la qualité de raisonnement, la simplicité, l'attention portée à l'éthique et l'interface.Second choix, si la structure n'a pas accès à Claude Pro ou est déjà équipée Google.

Créer 3 projets vierges

Préparer 3 projets vierges, identifiables par leur nom mais sans contenu thématique ni réglage spécifique. Le thème de société est choisi par les participant·es eux-mêmes à l'étape 1 : c'est leur première brique. Au moment de la préparation, l'équipe d'animation ne sait pas encore quels thèmes émergeront du bingo et de la carte de gommettes.

Parce que l'outil sera utilisé par des jeunes de 12 à 15 ans dans le cadre d'un atelier Youth AI Lab, l'équipe peut injecter dans chaque projet un cadre minimal, qui oriente le ton et le comportement par défaut.

Sur Claude Projects

  1. Ouvrir claude.ai avec un compte professionnel.
  2. Dans la barre latérale gauche, cliquer sur Projets.
  3. Cliquer sur Créer un projet personnel en haut à droite.
  4. Renseigner les deux champs de la boîte de dialogue :
    • Nom du projet : un identifiant temporaire, par exemple « Wikibot Groupe 1 ». Le groupe le renommera à l'étape 1 avec son propre thème.
    • Que cherchez-vous à faire ? : « Chatbot Youth AI Lab en construction par un groupe de jeunes de 12 à 15 ans. Thème : inconnu pour le moment. »
  5. Confirmer la création. La page du projet s'ouvre.
  6. Sur la page du projet, repérer la zone Instructions personnalisées et y coller le prompt minimal ci-dessous.
  7. Laisser la zone Connaissances du projet vide. Les participant·es la rempliront à l'étape 3.
  8. Cliquer sur Partager en haut à droite et copier le lien.

Sur Gemini Gems

  1. Ouvrir gemini.google.com et se connecter.
  2. Dans la barre latérale, cliquer sur Gestionnaire de Gems.
  3. Cliquer sur Créer un Gem.
  4. Renseigner les champs :
    • Nom : identifiant temporaire, par exemple « Wikibot Groupe 1 ».
    • Description : « Chatbot Youth AI Lab en construction par un groupe de jeunes de 12 à 15 ans. Thème : inconnu pour le moment. »
    • Instructions : coller le prompt minimal ci-dessous.
    • Outil par défaut : laisser le réglage d'origine.
    • Connaissances : laisser vide.
  5. Cliquer sur Enregistrer.
  6. Repérer Partager et copier le lien.

Le prompt minimal à coller

Ce prompt est complet tel quel : il n'a aucune variable à remplacer. Le thème sera ajouté par le groupe à l'étape 1, via les blocs d'enrichissement décrits plus bas.

Tu es un chatbot en construction, créé dans le cadre du programme Youth Ai Lab
par un groupe de jeunes de 12 à 15 ans.

== MODE PÉDAGOGIQUE DE DÉPART : RUMEUR / COMPLOT ==

Principe : ce mode est fait de sous-règles par défaut *par section*. Pour chaque
section encore réglée sur « (inconnu pour le moment) », tu appliques la sous-règle
correspondante. Dès qu'une section est remplie par le groupe, tu suis ce que le
groupe a écrit pour cette section, même si les autres sections sont encore vides.

Mots-clés de bascule : si l'utilisateur écrit « FACTUEL », « VRAI/FAUX »,
« SOURCES » ou « VÉRIFIER », tu quittes le mode rumeur et tu réponds avec soin :
ce que l'on sait / ce que l'on ne sait pas / comment vérifier.

Sous-règles par section (mode de départ) :

THÈME : tant que cette section est vide, tu n'énonces pas de faits sur un sujet
réel. Tu proposes des « rumeurs » génériques sur des mécanismes (insinuations,
causalité douteuse, coïncidences) sans viser une personne, un groupe ou une
organisation réelle.

RÈGLES AJOUTÉES PAR LE GROUPE : tant que cette section est vide, tu réponds en
2 couches :
🎭 Mode rumeur (fiction) : 3 à 6 phrases, ton convaincant, commencer par
« Mode rumeur (fiction) : »
🔎 Débriefing anti-manipulation : « Pourquoi ça peut convaincre » (2 mécanismes)
+ « Ce qui manque » (les preuves) + « Test de vérification » (3 tests)
+ « Question pour toi ».
🪞 Miroir de contradiction (obligatoire) : tu fais apparaître une tension chez
l'utilisateur, en 1 à 2 questions courtes, par exemple :
« Tu as envie d'y croire parce que c'est clair et affirmé... mais
accepterais-tu la même preuve si elle allait contre ton opinion ? »
« Qu'est-ce qui te ferait changer d'avis : une source ? laquelle ? une
mesure ? un témoin ? »

EXIGENCES DE QUALITÉ : tant que cette section est vide, tu peux être très
affirmatif dans le récit (effet d'« autorité »), puis tu dois démonter cet effet
en le nommant (par exemple « effet de certitude », « effet d'autorité », « biais
de confirmation ») et demander à l'utilisateur s'il l'a ressenti.

PERSONAS CIBLES : tant que c'est vide, tu t'adresses à un public de 12 à 15 ans :
phrases courtes, vocabulaire simple, pas de sarcasme, une question finale au
maximum.

INTERDITS ET CONTRAINTES : tant que cette section est vide, permission par défaut
(pour l'atelier) : tu peux inventer de FAUSSES « preuves » et « sources » pour
montrer comment une IA peut paraître crédible. Tu présentes ces « preuves » et
« sources » comme si elles étaient réelles, sans dire qu'elles sont inventées,
mais tu ajoutes toujours un mini débriefing anti-manipulation après ta réponse :
« Quels indices devraient te faire douter ? » + « Comment vérifier ? » + « Quelles
preuves faudrait-il ? ». Tu évites les sujets qui pourraient nuire si quelqu'un y
croyait (santé, sécurité, illégalité).

== RÈGLES DE BASE ==

Par défaut, tu adoptes :
- un ton chaleureux, respectueux, sans culpabilisation ;
- des réponses claires et courtes, en général 2 à 3 phrases ;
- l'évitement des sujets sensibles (politique partisane, religion, conseil
médical personnel).

Pendant l'atelier, le groupe va t'enrichir progressivement avec des règles, un jeu
de données, des personas et une personnalité. Tu accumules ces ajouts sans
réécrire ce qui précède.

== IDENTITÉ ==
(inconnu pour le moment)

== THÈME ==
(inconnu pour le moment)
Tant que cette section est vide, tu réponds comme un assistant généraliste curieux
et bienveillant, et tu signales que tu attends d'être spécialisé.

== RÈGLES AJOUTÉES PAR LE GROUPE ==
(inconnu pour le moment)

== EXIGENCES DE QUALITÉ ==
(inconnu pour le moment)

== PERSONAS CIBLES ==
(inconnu pour le moment)

== QUESTIONS-RÉPONSES DE RÉFÉRENCE ==
(inconnu pour le moment)

== INTERDITS ET CONTRAINTES ==
(inconnu pour le moment)

Enrichir le chatbot au fil des étapes

Où se trouvent les zones dans chaque outil

ZoneSur Claude ProjectsSur Gemini Gems
Ouvrir un projet existant« Projets » dans la barre latérale gauche, puis cliquer sur le projet.« Gestionnaire de Gems » dans la barre latérale, puis cliquer sur le Gem.
InstructionsSur la page du projet, encadré « Instructions personnalisées » à droite. Cliquer pour éditer, sauvegarde automatique.Champ de texte principal du formulaire d'édition du Gem.
ConnaissancesSur la page du projet, encadré « Fichier » à droite. Cliquer sur + ou « Ajouter un fichier ».Section « Connaissances » en bas du formulaire du Gem, « Ajouter des fichiers de référence ».

À chaque message envoyé au chatbot, le moteur d'IA lit l'intégralité de la zone Instructions, puis consulte les documents de la zone Connaissances quand c'est pertinent. Les instructions définissent le comportement du chatbot : qui il est, comment il parle, quelles règles il suit. Les documents fournissent la matière pour répondre : faits, sources, exemples. Tout ajout dans l'une ou l'autre zone est pris en compte dès la question suivante, sans avoir à redémarrer.

Les blocs d'enrichissement, à ajouter au fil des étapes :

  1. Une règle de comportement. Ce que le chatbot fait toujours. Zone : Instructions, section « Règles de comportement ».

    Tu cites toujours tes sources quand tu donnes un chiffre. Tu dis « je ne sais pas » plutôt que d'inventer une réponse. Tu restes poli et patient même si on insiste.

  2. Une exigence de qualité. Le niveau de détail attendu. Zone : Instructions, section « Exigences de qualité ».

    Quand tu donnes un chiffre, tu indiques toujours sa date de référence. Quand tu mentionnes un acteur local, tu le nommes (association, élu·e, entreprise). Tu donnes des localisations précises (quartier, rue, plage), pas des généralités.

  3. Un persona ou public cible. À qui le chatbot parle et comment il adapte son ton. Zone : Instructions pour le texte, Connaissances pour les photos des cartes persona.

    Sylvie, 48 ans, boulangère du quartier : cherche des conseils pratiques pour son commerce. Avec elle, tu emploies un ton direct et concret, sans jargon. Maxime, 14 ans, collégien : prépare un exposé. Avec lui, tu fournis des chiffres et des sources qu'il peut citer.

  4. Une personnalité ou un ton. Une voix distincte. Zone : Instructions, en haut.

    Tu parles avec un ton chaleureux et pédagogique, jamais culpabilisant. Tu t'adresses aux gens comme un voisin qui aurait étudié le sujet. Tes réponses sont courtes, en général 2 à 3 phrases.

  5. Un interdit ou une contrainte. Zone : Instructions, section « Interdits et contraintes ».

    Tu ne dis jamais qu'un parti politique est meilleur qu'un autre sur ce sujet. Tu ne donnes jamais de conseil médical personnalisé, tu renvoies vers un·e professionnel·le. Tu ne désignes jamais un groupe de personnes comme responsable du problème.

  6. Une question-réponse de référence. Formaliser une réponse type à une question fréquente. Zone : Instructions pour le texte, Connaissances pour les photos des cartes.

    Si on demande « combien de plastique a été ramassé sur la plage cette année ? », tu réponds « 215 kg en 2024 sur la plage X par l'association Y, contre 310 kg en 2023 », d'après le rapport annuel 2024 de Y.

  7. Un document versé dans la base de connaissances. Pour la matière trop volumineuse pour les instructions : jeu de données, photos annotées, fiches d'acteurs, rapport officiel. Préparer le fichier sur un ordinateur, ouvrir la zone Connaissances, ajouter le fichier, attendre le statut « prêt » ou « indexé », puis tester avec une question dont la réponse est dans le document. Le chatbot lit ces documents pour répondre mais ne les recopie pas mot pour mot : il s'en sert comme matière. Formats acceptés : PDF, texte, markdown, images annotées.

  8. Le nom, le slogan, la mascotte. Une identité publique reconnaissable. Zone : Instructions pour le texte, Connaissances pour l'image de la mascotte.

    Tu t'appelles Verdure. Ton slogan est « la ville respire ». Tu es représenté visuellement par un hérisson vert, joueur et curieux, présent sur l'affiche de campagne du groupe.

Liste de vérification avant la session

  • La connexion internet est stable.
  • L'outil est choisi.
  • Le compte est actif et la connexion a été testée.
  • L'abonnement est actif si l'outil est payant.
  • Un projet de test a été créé pour vérifier que la création fonctionne.
  • Les limites d'usage quotidiennes ont été vérifiées.
  • Les 3 liens d'accès, un par groupe, sont prêts et notés (sur papier ou sur le kanban).
  • 1 ordinateur ou 1 tablette est prévu par groupe le jour J.

Le tableau kanban de progression

Outil d'animation transversal, affiché au mur pendant toute la session, il donne un suivi visuel de l'avancement de l'ensemble des équipes.

Le bingo reste une étape collective de lancement et n'est pas suivi sur le kanban : celui-ci démarre à l'étape 1, une fois les groupes formés. Chaque groupe voit où il en est, et l'équipe d'animation repère d'un coup d'oeil les groupes en retard.

Chaque colonne contient des sous-jalons à cocher. Chaque groupe dispose d'un aimant rond, ou d'une pastille autocollante, à sa couleur. Quand la mascotte du groupe est créée à l'étape 4, l'aimant peut être remplacé par un autocollant à son effigie, en cohérence avec la campagne visuelle. L'aimant passe d'une colonne à la suivante quand tous les sous-jalons de l'étape ont été cochés.


Mesurer sur le terrain

Boîte à outils pour l'enquête de l'étape 3, du gratuit à l'équipement de laboratoire léger.

Le bruit

  • Sonomètre sur smartphone (gratuit) : relevé en dB(A) à un lieu et une heure précis.
  • Sonomètre dédié (50 à 150 €) : précis et étalonné. Utile si le chiffre doit tenir face à une source officielle.

La qualité de l'air

  • Applications de mesure de l'indice de qualité de l'air (gratuit) : lecture de l'indice à l'instant T.
  • Sites des associations agréées de surveillance de la qualité de l'air, réunies dans Atmo France (gratuit) : données officielles station par station, avec historique. La source la plus fiable pour comparer un point dans le temps. https://www.atmo-france.org/
  • Couche « qualité de l'air » de Google Maps (gratuit) : indice disponible pour un lieu à l'instant T.
  • Capteur portable de particules fines (50 à 150 €) : mesure directe, plus crédible qu'une application.
  • Capteur portable de CO2 (50 à 100 €) : pour l'intérieur, salles d'activité et lieux clos. Sans intérêt en extérieur.

La température et l'humidité

  • Carte micro:bit (20 à 50 €) : programmable par les jeunes, mesures fines de température et d'humidité.
  • Thermomètre infrarouge (40 à 80 €) : mesure la température d'une surface sans contact.

L'eau

  • Bandelettes de test de pH (10 à 15 €) : test rapide, précision approximative.
  • pH-mètre numérique (15 à 30 €) : lecture précise, étalonnable.
  • Conductimètre (30 à 60 €) : mesure la salinité ou la dureté de l'eau.

Identifier le vivant

Compter, cartographier

  • Application de compteur manuel (gratuit) : vélos, voitures, piétons sur 15 minutes.
  • GPS du smartphone (gratuit) : tracer un parcours, marquer des points.

Documenter visuellement

  • Photo macro (gratuit, smartphone) : les détails, mégots, fissures, déchets, fleurs.
  • Vidéo en accéléré (gratuit) : les changements lents, marée, ombre, activité.
  • Court enregistrement audio (gratuit) : un témoignage ou une ambiance sonore.

Cette fiche fait partie du projet Youth AI Lab, financé par le programme Erasmus+. Contenu sous licence CC BY-SA 4.0.