La terre à l'ombre
| Projet | Durée | Difficulté | Âge |
|---|---|---|---|
| Robots Meet Arts | 3 séances + sortie | Avancé | 9-12 ans |
Matériel
Matériel de base (indispensable) :
- Carnets, crayons, appareil photo ou tablette, plans du quartier imprimés en grand format
- Grandes feuilles/affiches, feutres et crayons de couleur, gommettes, post-it
- Exemples d'écoquartiers (photos/vidéos), grilles d'observation préparées
Pour les mesures numériques (optionnel mais recommandé) :
- Carte Micro:bit (intègre déjà un capteur de température, des boutons pour le comptage et la possibilité de mesurer l'ensoleillement). Kit complet ~20 EUR : https://www.kubii.com/fr/kits-micro-controleurs/3092-kit-microbit-go-v2-5051259252592.html
- Boîtes plastique étanches ou contenants alimentaires récupérés pour protection
- Accès ordinateur avec MakeCode (gratuit en ligne)
Pour la maquette (optionnel) :
- Grand carton rigide ou contreplaqué (~1m x 1m), matériaux de récupération, Lego/Kapla, papier coloré, colle, ciseaux
- Cure-pipes verts, mousse, petites branches, pâte à modeler verte
Pour les actions concrètes (optionnel) :
- Plants ou graines adaptés au climat local, terre, pots ou jardinières
- Planches et clous pour nichoirs, matériaux naturels pour hôtel à insectes
- Fiches descriptives d'éco-quartiers
- Grilles d'observation
- Plans du quartier
Points du programme abordés
« Mieux habiter » : géographie, Cycle 3. Cette séquence permet aux élèves d'explorer concrètement comment améliorer le cadre de vie dans les territoires de proximité. À travers l'étude de leur quartier, ils découvrent que favoriser la place de la nature en ville, recycler et habiter un écoquartier sont des réponses possibles aux défis du développement durable.
Les compétences mobilisées sont les suivantes :
- Se repérer dans l'espace : construire des repères géographiques - Les élèves localisent leurs points de mesure, cartographient les îlots de chaleur et situent leur quartier à différentes échelles
- Raisonner, justifier une démarche et les choix effectués - Formulation d'hypothèses sur l'impact de la végétalisation et vérification par la mesure
- Pratiquer différents langages en géographie - Réalisation de cartes thématiques, graphiques de données, croquis de terrain
- Coopérer et mutualiser - Organisation collective de la collecte de données et mise en commun des résultats
Liens avec d'autres domaines du programme :
- Éducation morale et civique : S'engager dans des projets collectifs pour le bien commun.
- Sciences et technologie : Concevoir des protocoles, mesurer avec des capteurs micro:bit et programmer avec MakeCode.
- Mobilisation d'outils numériques : Traiter des données et automatiser leur collecte par l'algorithmique.
- Mathématiques : Mesurer des grandeurs, organiser et analyser des données sous forme de graphiques.
Liens utiles
- http://www.ecoquartiers.logement.gouv.fr/
- ADEME : Aménager les écoquartiers
- MakeCode micro:bit
- Projets micro:bit
- OpenStreetMap
- Géoportail
- Vidéo écoquartier de la ZAC de Bonne (Grenoble)
- Éduscol : L'écoquartier, construire l'avenir
Organisation flexible des séances
Cette séquence est conçue comme une boîte à outils pédagogique adaptable selon vos contraintes. L'ensemble des activités représente environ 8 à 10 heures de travail en classe, mais vous êtes libres de sélectionner les éléments qui correspondent le mieux à votre contexte :
- Version courte (3-4 séances) : L'essentiel du projet avec la découverte des écoquartiers, une sortie d'observation dans le quartier, l'analyse des observations et la conception de solutions simples sous forme de dessins ou maquette.
- Version intermédiaire (5-6 séances) : La version courte enrichie par l'utilisation des capteurs micro:bit, permettant de croiser observations qualitatives et mesures quantitatives.
- Version complète (8-10 séances) : Le projet dans toute sa dimension avec étude approfondie d'écoquartiers existants, observations de terrain, enquête habitants, collecte de données sur plusieurs jours, conception d'une maquette détaillée et/ou actions concrètes dans l'école, puis présentation publique du travail.
Partenaires potentiels pour enrichir le projet
- Collectivités territoriales : Services urbanisme ou environnement de la mairie, conseillers municipaux en charge du développement durable
- Associations locales : Associations environnementales, de quartier, jardins partagés
- Parents et professionnels : Parents urbanistes, architectes, paysagistes, ou travaillant dans l'environnement
- Établissements voisins : Collège du secteur pour un tutorat sur la programmation, lycée professionnel pour la construction de nichoirs
- Commerces de proximité : Pour l'enquête habitants, le don de matériaux de récupération, l'affichage des résultats
Introduction - Les enjeux du diagnostic territorial
Améliorer le cadre de vie et préserver l'environnement sont au coeur des préoccupations actuelles. Au sein du programme de géographie, les élèves peuvent explorer, à l'échelle des territoires de proximité (quartier, commune, métropole, région), des réalisations concrètes ou des projets qui contribuent au « mieux habiter ». La place des espaces verts en ville, les circulations douces, les berges et corridors verts, le développement de la biodiversité, le recyclage et le réemploi, l'aménagement d'un écoquartier : autant d'occasions de réfléchir aux choix des acteurs dans les politiques de développement durable.
Dans cette séquence, nous proposons aux élèves de réfléchir à ces problématiques en les étudiant sur le terrain, à la fois grâce à l'observation et grâce à la donnée. Positionnés tour à tour comme géographes ou urbanistes, les élèves devront analyser l'espace vécu en croisant observations de terrain, données mesurées et ressentis des habitants.
Le diagnostic territorial s'appuie sur trois piliers :
- L'observation directe (ce que je vois)
- La mesure objective (ce que je quantifie)
- L'enquête sociale (ce que les gens vivent)
Séquence 1 - Mise en route (Warm-up)
- Sélectionner et préparer des images et vidéos d'écoquartiers variés (Vauban à Fribourg, BedZED à Londres, Clichy-Batignolles à Paris, Confluence à Lyon)
- Préparer une grande affiche vierge pour la carte mentale collective
- Imprimer des fiches descriptives de différents écoquartiers pour le travail en groupes
- Prévoir des gommettes de couleur pour le vote des priorités
- Préparer un tableau ou paper-board pour noter les réponses des élèves
Objectif : Comprendre ce qu'est un écoquartier, en déduire les grands axes d'aménagement, et définir les priorités pour l'étude du quartier.
La séance commence par un ancrage dans le programme de géographie en questionnant la notion même d'habiter. Il s'agit d'amener les élèves à comprendre qu'habiter ne signifie pas simplement résider quelque part, mais bien pratiquer un lieu, se l'approprier, y développer des usages quotidiens.
À partir de cette définition partagée, engagez une discussion ouverte sur le rapport des élèves à leur propre quartier. Invitez-les à décrire leurs usages quotidiens : comment se déplacent-ils pour venir à l'école ? Où jouent-ils ? Où rencontrent-ils leurs amis ? Quels sont leurs endroits préférés et pourquoi ? Qu'est-ce qui leur plaît dans leur environnement immédiat, et qu'est-ce qui pourrait être amélioré selon eux ?
Pendant ces échanges, notez leurs réponses au tableau en les regroupant progressivement par grandes catégories thématiques : les déplacements, les espaces verts, les lieux de vie sociale.
Une fois ce lien établi entre leur quotidien et la notion d'habiter, introduisez la notion d'écoquartier :
« Maintenant que nous avons identifié ensemble ce qui fonctionne bien et ce qui pourrait être amélioré dans notre quartier, découvrons comment d'autres villes à travers le monde ont répondu à des préoccupations similaires. Ces quartiers, appelés écoquartiers, sont des exemples concrets de réponses apportées aux défis que nous venons d'identifier. »
Projetez des images et vidéos d'écoquartiers existants à travers le monde :
- L'écoquartier BedZED au Royaume-Uni
- Bo01 « Cité de demain » en Suède
- ÉcoQuartier de la ZAC de Bonne à Grenoble
- Écoquartier de Vauban à Fribourg, Allemagne
Vous pouvez lancer un défi ludique : les élèves doivent identifier cinq aménagements écologiques visibles dans ces images qui pourraient répondre aux problèmes identifiés dans leur propre quartier. Notez leurs observations au tableau et encouragez-les à faire des liens avec leurs propres besoins.
Distribuez à différents groupes des fiches descriptives d'écoquartiers réels. Chaque groupe devient alors guide touristique de son écoquartier et doit préparer une présentation enthousiaste selon une grille commune : Quels aménagements ont été réalisés ? Quels résultats ont été obtenus ? Quels bénéfices pour les habitants ?
Une fois que chaque groupe a présenté son écoquartier, passez à une phase de synthèse collective pour construire avec eux une carte mentale géante sur une grande affiche. Les élèves viennent dessiner, ajouter des mots-clés avec des couleurs différentes pour organiser visuellement les grands principes qui émergent : végétalisation importante, gestion intelligente de l'eau, mobilités douces, biodiversité, espaces de vie collective, efficacité énergétique.
Pour chaque principe, explorez avec eux le pourquoi en vous appuyant sur les exemples concrets. Pourquoi planter des arbres ? Pour rafraîchir, créer de l'ombre, améliorer la qualité de l'air, favoriser la biodiversité. Pourquoi récupérer l'eau de pluie ? Pour économiser l'eau potable, éviter les inondations, arroser les plantes.
Séquence 2 - Approfondissement (Build-up)
- Préparer 3-4 micro:bit avec leurs batteries et boîtiers de protection étanches
- Installer MakeCode sur les ordinateurs de classe
- Préparer des grilles d'observation structurées selon les principes d'écoquartier (une par groupe)
- Prévoir des carnets d'observation, stylos, crayons de couleur
- Imprimer plusieurs plans du quartier en grand format
- Préparer des appareils photo ou tablettes pour documenter le terrain
- Concevoir un questionnaire simple pour l'enquête auprès des habitants
- Prévoir un tableur pour compiler les données
- Organiser l'autorisation de sortie et repérer le parcours de terrain à l'avance
- Préparer des codes couleur et symboles visuels pour la carte collective finale
Objectif : Collecter des données qualitatives (observations) et quantitatives (mesures) sur le quartier selon les axes prioritaires identifiés.
Tableau récapitulatif des phases
| Phase | Objectif | Quand ? | Comment ? |
|---|---|---|---|
| Phase 1 : Observations qualitatives | Observer le quartier selon les principes d'écoquartier | Après avoir découvert les principes des écoquartiers | Sortie de terrain structurée avec grilles d'observation |
| Phase 2 : Mesures quantitatives | Collecter des données objectives (température, luminosité, humidité) | En parallèle de la collecte passive des capteurs | Installation de 3-4 stations de capteurs micro:bit dans des zones variées |
| Phase 3 : Enquête qualitative | Recueillir le ressenti et les besoins des usagers du quartier | Après la phase d'observation qualitative | Questionnaire simple administré auprès des habitants |
| Analyse croisée | Croiser les trois sources pour identifier les axes prioritaires | Après la récupération de l'ensemble des données | Analyse collective guidée par des questionnements |
Observations qualitatives sur le terrain
La sortie de terrain constitue le moment clé où les élèves passent de la théorie à la pratique. Divisez la classe en groupes de 4-5 élèves, en attribuant à chaque groupe un axe prioritaire d'observation :
- Groupe « Espaces verts et biodiversité » : Mission : localiser et qualifier les espaces verts, observer la végétation, l'état d'entretien, la présence d'animaux, l'accessibilité...
- Groupe « Mobilité et circulation » : Mission : observer les modes de déplacement, identifier les pistes cyclables et trottoirs, repérer les zones piétonnes, noter la présence de transports en commun...
- Groupe « Énergie et bâti » : Mission : observer l'état des bâtiments, repérer les panneaux solaires ou autres dispositifs écologiques, noter l'orientation des constructions...
- Groupe « Vie sociale et services » : Mission : localiser les lieux de rencontre, identifier les commerces et services de proximité, observer les espaces de jeux et de détente...
Préparez pour chaque groupe une grille d'observation structurée avec des questions précises. Sur le terrain, encouragez les élèves à adopter une posture de chercheurs : ils doivent noter systématiquement leurs observations, prendre des photos légendées, réaliser des croquis annotés. Insistez sur l'importance de documenter non seulement ce qui existe, mais aussi ce qui manque.
De retour en classe, organisez une grande restitution collective où chaque groupe présente ses observations en les situant sur une carte géante du quartier. Utilisez des gommettes de couleurs différentes : vert pour les points positifs, orange pour les points d'amélioration, rouge pour les problèmes identifiés.
Mesures quantitatives avec les capteurs
Après avoir collecté des observations qualitatives, la phase de mesures quantitatives permet de quantifier objectivement certains paramètres environnementaux.
S'il s'agit d'une première découverte de la programmation par blocs pour vos élèves, commencez par une découverte ludique et déconnectée :
- Memory des capteurs : créer un jeu de memory associant cartes représentant les capteurs et leurs fonctions.


- Chasse aux données : équiper les élèves d'une carte micro:bit pré-programmée et les faire explorer différents endroits.
- Algorithme débranché - Programme humain : chaque élève représente une instruction de programmation et se place dans l'ordre pour créer un programme fonctionnel.
- Découverte collective de MakeCode : explorer l'interface au vidéoprojecteur et créer ensemble un premier programme simple.
Organisez ensuite le travail en groupes spécialisés qui tourneront sur différents ateliers :
- Atelier « Programmation » : les élèves construisent les parties du code (ensoleillement, température, humidité, comptage, niveau d'eau, interactivité, enregistrement des données).

- Atelier de fabrication des protections : fabriquer des boîtiers protecteurs pour les micro:bit à partir de matériaux récupérés.
- Atelier création de supports de communication : créer des panneaux explicatifs illustrés pour accompagner chaque station de mesure.
À la fin, réunissez tous les morceaux de code créés en une seule séquence complète. Vérifiez collectivement que le programme est cohérent, par exemple :
- Au démarrage : afficher un message de bienvenue
- Toutes les X minutes :
- Mesurer la température (pour identifier les îlots de chaleur)
- Mesurer le niveau de lumière (pour analyser l'ensoleillement)
- Mesurer le niveau de décibels (pour cartographier la pollution sonore)
- Enregistrer ces données grâce à un datalogger
- Quand on appuie sur le bouton A : afficher la dernière température mesurée
- Quand on appuie sur le bouton B : afficher le dernier niveau de lumière mesuré
Testez le programme complet, puis chargez-le sur toutes les cartes. Installez chaque micro:bit dans son boîtier protecteur et déployez les stations aux emplacements choisis. Pendant la période de collecte (idéalement 1 à 2 semaines), organisez des visites régulières de contrôle.
À la fin de la période, récupérez les micro:bit et transférez les données. Créez ensemble des graphiques simples montrant l'évolution de la température et de la luminosité dans chaque zone. Utilisez un tableur collaboratif où chaque groupe saisit et visualise les données de sa station.
Enquête qualitative auprès des habitants
Pour compléter les observations et mesures, les élèves peuvent mener une courte enquête auprès des habitants pour comprendre leurs besoins et attentes. Concevez collectivement un questionnaire simple de 5-6 questions essentielles : sur les déplacements, le confort thermique, l'accès aux espaces verts, et les améliorations souhaitées.
Chaque élève peut interroger 1-2 personnes (parents, voisins, commerçants). Préparez-les en simulant des interviews en classe. Après la collecte, compilez les résultats au tableau.
Croisez ces résultats avec vos observations et mesures : « Les habitants disent qu'il fait trop chaud, et nos mesures le confirment », « Ils voudraient plus de pistes cyclables, et nous n'en avons observé qu'une seule ». Cette triangulation renforce la pertinence du diagnostic.
Analyse croisée et identification des priorités
C'est maintenant le moment de rassembler toutes les informations récoltées. Organisez une grande séance en classe où vous affichez la carte avec vos observations, les graphiques des mesures, et les résultats de l'enquête auprès des habitants.
Lancez une discussion en posant des questions qui mettent en lien les différentes informations. Sur la grande carte du quartier, repérez les « zones à problèmes ». Créez ensuite ensemble un tableau avec trois colonnes : « Problème trouvé » (avec les preuves), « Solution possible » (en lien avec les écoquartiers étudiés), « Priorité » (haute/moyenne/basse).
Terminez cette étape en choisissant ensemble 3 ou 4 actions prioritaires qui guideront la suite du projet.
Séquence 3 - Mise en pratique (Rehearsal)
- Préparer une base rigide (carton ou contreplaqué, ~1m x 1m) et du matériel de dessin
- Collecter des matériaux de récupération (boîtes, rouleaux, bouteilles plastique)
- Regrouper des éléments de construction (Lego, Duplo, kapla), papier et carton coloré, ciseaux, colle, ruban adhésif
- Rassembler des matériaux pour la végétation (cure-pipes verts, mousse, branches, feuilles)
- Prévoir de la pâte à modeler ou argile
- Organiser plants, graines, outils de jardinage et matériaux pour nichoirs/hôtels à insectes
- Mettre à disposition un appareil photo pour documenter le projet
Objectif : Concevoir la transformation du quartier en maquette et réaliser des actions concrètes à l'échelle de l'école.
Cette phase optionnelle invite les élèves à concevoir une maquette 3D pour visualiser leurs propositions d'aménagement. Pour simplifier le travail, limitez-vous aux alentours immédiats de l'école.
Préparer le support de base
- Choisir le support : Utilisez un grand carton rigide (environ 1m x 1m), une planche de contreplaqué, ou plusieurs cartons assemblés.
- Dessiner le plan simplifié : Reproduisez ensemble au feutre épais le plan des alentours de l'école : rues principales, emplacement de l'école, bâtiments importants, espaces verts existants.
- Marquer les zones clés : Coloriez ou délimitez les différentes zones identifiées lors du diagnostic : en rouge les zones trop chaudes, en vert les espaces végétalisés existants, en gris les grandes surfaces bétonnées.
- Préparer les matériaux de construction : Rassemblez ce que vous avez sous la main (petites boîtes en carton, Lego ou Duplo, papier et carton coloré, cure-pipes verts pour les arbres, pâte à modeler, éléments naturels).
Organiser les groupes thématiques
Organisez la classe en petits groupes selon vos priorités :
- Végétalisation : Où planter des arbres ou créer des espaces verts en fonction des mesures de température ?
- Mobilités douces : Comment améliorer les déplacements à vélo ou à pied ?
- Biodiversité : Où installer des nichoirs, hôtels à insectes ou haies ?
- Lieux de rencontre : Comment créer des espaces conviviaux pour les habitants ?
Chaque groupe élabore d'abord ses propositions sur un plan simple en papier, puis vient matérialiser ses idées directement sur la maquette collective. L'essentiel est que chaque aménagement soit justifié par les observations et mesures réalisées.
Actions concrètes à l'école
Après avoir imaginé la transformation sur la maquette, passez à des actions réalisables à l'échelle réelle de l'école. Exemples :
- Planter des arbustes ou des fleurs mellifères dans un coin de la cour identifié comme trop chaud
- Créer un petit jardin avec quelques légumes ou plantes aromatiques
- Fabriquer et installer des nichoirs ou hôtels à insectes
- Mettre en place un récupérateur d'eau de pluie
- Installer un composteur pour les déchets de la cantine
- Créer des panneaux explicatifs sur les aménagements réalisés
Sélectionnez ensemble 1 ou 2 actions prioritaires qui correspondent aux problèmes identifiés dans votre diagnostic. Planifiez qui fait quoi, quand, et avec quel matériel. Puis réalisez vos aménagements dans l'école lors d'une demi-journée dédiée, en documentant avec des photos.
Réflexion autour de la séquence
Organisez une présentation publique du projet pour valoriser le travail des élèves. Invitez d'autres classes, les parents, et si possible des représentants de la municipalité ou d'associations locales. Les élèves présentent leur démarche complète : le diagnostic (observations, mesures, enquête), les problèmes identifiés, la maquette du quartier transformé, et les actions concrètes réalisées dans l'école.
Répartissez les rôles pour la présentation. Prévoyez un temps de questions-réponses où les visiteurs peuvent interroger les élèves sur leurs choix d'aménagement.
Créez également une trace numérique simple : quelques photos légendées, un court diaporama, ou une affiche récapitulative à afficher dans l'école.
Concluez le projet par un moment de réflexion collective :
- « Qu'avez-vous découvert sur votre quartier que vous ne saviez pas avant ? »
- « Qu'est-ce qui vous a le plus surpris dans les mesures ou l'enquête ? »
- « Comment avez-vous utilisé les données pour prendre des décisions ? »
- « Qu'avez-vous appris en fabriquant la maquette ou en réalisant les aménagements ? »
Aidez les élèves à prendre conscience des compétences développées au-delà des connaissances en géographie : observer méthodiquement, mesurer avec des outils, interroger des personnes, analyser des informations, travailler en équipe, présenter un projet.
Pour terminer, proposez un temps d'expression individuelle où chaque élève écrit ou dessine ce qu'il retient du projet. Vous pouvez créer un « livre du projet » collectif rassemblant ces témoignages, les photos des différentes étapes, et les productions réalisées.
Annexe - Fiches descriptives d'écoquartiers réels
Écoquartier Vauban - Fribourg, Allemagne
L'écoquartier Vauban se trouve à Fribourg, une ville du sud de l'Allemagne. Ce quartier de 42 hectares était avant une caserne militaire construite en 1936. Quand l'armée est partie en 1992, la ville a décidé de transformer cet endroit abandonné en quartier écologique. Les travaux ont duré de 1996 à 2006. Aujourd'hui, 5 500 personnes y habitent dans 2 800 logements.
- Habitations : Les maisons « Passivhaus » ont des murs très épais et une excellente isolation qui réduit le chauffage de 88%. À l'est du quartier, des maisons produisent plus d'énergie qu'elles n'en consomment grâce aux panneaux solaires. Une centrale de cogénération brûle des copeaux de bois pour chauffer tout le quartier.
- Déplacements : Vauban est un quartier « sans voitures » où 75% des habitants n'ont pas de parking privé. Les voitures restent dans deux parkings-silos aux entrées du quartier. Les rues s'appellent « Spielstrassen » (rues de jeu). Le tramway relie le centre-ville en 15 minutes.
- Gestion de l'eau : L'eau de pluie s'infiltre naturellement dans le sol grâce aux espaces verts (80% de l'eau est filtrée dans le terrain). Les toits végétalisés absorbent l'eau de pluie et isolent les bâtiments.
- Participation citoyenne : Les habitants se sont organisés en 40 « Baugruppen » (groupes de construction) pour concevoir et construire ensemble leurs logements, économisant 30% du prix.
- Nature : La ville a conservé 12 bâtiments de l'ancienne caserne et tous les arbres centenaires. Les habitants cultivent ensemble fruits et légumes dans des jardins partagés.
- Défis : Les logements écologiques coûtent cher, ce qui empêche les familles modestes de s'installer. Le tramway est saturé aux heures de pointe.


Écoquartier BedZED - Londres, Royaume-Uni
BedZED (Beddington Zero Energy Development) se trouve à Sutton, au sud de Londres. Ce petit quartier de 1,7 hectare a été construit en 2002 sur une ancienne friche industrielle. Il a été conçu par l'architecte Bill Dunster pour être le premier quartier « zéro carbone » du Royaume-Uni. Aujourd'hui, 250 personnes y habitent dans 82 logements.
- Habitations : Les murs font 30 cm d'épaisseur avec une super-isolation qui réduit le chauffage de 90%. Chaque logement a une serre orientée au sud qui capte la chaleur du soleil en hiver. Les matériaux de construction viennent d'un rayon de 60 km maximum et 15% sont recyclés.
- Déplacements : BedZED a seulement 0,6 place de parking par logement, contre 1,2 normalement. Un système d'autopartage est disponible et il y a 40 bornes de recharge pour voitures électriques alimentées par les panneaux solaires.
- Gestion de l'eau et déchets : La consommation d'eau est réduite de 50% grâce aux équipements économes et à la récupération d'eau de pluie. Une centrale de cogénération biomasse devait produire l'électricité et la chaleur, mais elle a été abandonnée car elle coûtait trop cher à entretenir.
- Vie de quartier : Chaque appartement a un petit jardin privé de 15 m2. Le quartier comprend un centre communautaire, une salle de spectacles, une crèche, un complexe sportif, un café et un restaurant. Il y a 33% de logements sociaux pour favoriser la mixité.

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Bo01 "City of Tomorrow" - Malmö, Suède
Bo01 est un quartier de 30 hectares situé dans le Western Harbour de Malmö, construit en 2001 à l'occasion de l'exposition européenne de l'habitat. Ancienne zone industrielle et portuaire, le site a été transformé en vitrine du développement durable scandinave. Le quartier accueille environ 3 000 habitants dans des logements variés conçus par plus de 20 architectes différents.
- Énergie : Bo01 est alimenté à 100% par des énergies renouvelables locales, combinant éolien (une éolienne de 2 MW), solaire (1 400 m2 de panneaux) et géothermie. Un réseau de chauffage urbain alimente tous les bâtiments.
- Biodiversité : Le quartier intègre un "Green Space Factor" obligatoire pour chaque bâtiment, garantissant un minimum de végétation. Des corridors écologiques relient le quartier aux espaces naturels environnants, avec des toitures végétalisées et des mares écologiques.
- Gestion de l'eau : Un système de canaux ouverts collecte et traite les eaux de pluie de manière naturelle avant leur rejet en mer. Ces canaux créent aussi des espaces de promenade appréciés des habitants.
- Déplacements : Le quartier est conçu pour favoriser la marche et le vélo. Un réseau de pistes cyclables le relie au centre-ville, et une ligne de bus à haut niveau de service dessert le quartier.

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ZAC de Bonne - Grenoble, France
La ZAC de Bonne est un écoquartier de 8,5 hectares situé en plein centre de Grenoble, aménagé entre 2003 et 2010 sur le site d'une ancienne caserne militaire. Premier écoquartier français à recevoir le Grand Prix National ÉcoQuartier en 2009, il accueille environ 3 500 habitants dans 900 logements.
- Énergie : Les bâtiments sont conçus pour consommer moins de 50 kWh/m2/an (contre 250 kWh en moyenne en France). 1 000 m2 de panneaux solaires thermiques produisent l'eau chaude, et des panneaux photovoltaïques sont intégrés aux façades. Une chaufferie bois alimente le réseau de chaleur du quartier.
- Espaces verts : Le parc central de 5 hectares (parc Hoche étendu) est le poumon vert du quartier, accessible à tous les habitants. Des jardins partagés permettent aux résidents de cultiver fruits et légumes.
- Mixité : 40% de logements sociaux sont répartis dans tout le quartier pour favoriser la diversité sociale. Le quartier intègre aussi des commerces, des bureaux, un cinéma et des équipements publics.
- Gestion de l'eau : Des noues paysagères et des bassins de rétention collectent les eaux pluviales, réduisant le ruissellement et créant des espaces verts humides appréciés pour la biodiversité.

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Cette fiche fait partie du projet Robots Meet Arts, financé par le programme Erasmus+. Contenu sous licence CC BY-SA 4.0.